Le tabac et la prise de poids
Le tabac est responsable de nombreuses maladies cardiovasculaires et pulmonaires. Des moyens d'aide à l'arrêt du tabac existent. Le sevrage tabagique inclut des problématiques de stress, de sensation de manque et de prise de poids. En quelques chiffres, 50 % des femmes et 25 % des hommes souhaitent s'arrêter de fumer et s'inquiètent du risque de prise de poids. (1)
Arrêter de fumer oui, grossir non ! Un fumeur est en sous poids, il pèse 2 à 4 kilos de moins que son poids de non fumeur.
Cause
=> Sensation « coupe faim »
=> Dépense énergétique de 200 à 300 kcal
=> Effet de la nicotine sur : la lipolyse, l'insuline, lipogenèse
Aussi, à l'arrêt du tabac l'ex-fumeur ne prend pas de poids, mais retrouve son poids naturel compris dans une norme pondéral (Indice Masse Corporelle : 19-25)
La prise de poids est non systématique
Suivant l'étude de Williamson, 30 % des personnes qui arrêtent de fumer stabilisent ou perdent du poids.
Aussi, les fumeurs ne sont pas tous égaux face à ce risque de prise de poids.
Les facteurs risques sont les suivants :
=> Dépendance nicotinique
=> Faible activité physique
=> IMC (Indice de Masse Corporel) < 20
=> Sexe féminin avec une alimentation restrictive
=> Prédisposition génétique
Substitut nicotinique et prise de poids
Les études sur cette thématique sont contradictoires. L'impact chimique reste encore à démontrer.
Néanmoins, l'impact psychique reste réel. Le stress, le manque et les rituels gestuels peuvent être responsables du développement d'un comportement alimentaire compensatoire et engendrer ainsi, une surconsommation alimentaire et une prise de poids.
Relation Aliment / Cigarette
La cigarette joue un rôle d'anti stress face aux situations délicates de la vie quotidienne. Lors du sevrage tabagique, l'ex-fumeur doit apprendre à affronter ces émotions négatives et à découvrir les solutions adaptées à cette nouvelle problématique : vivre sans cigarette.
L'aliment a non seulement la fonction d'apporter des nutriments ou micronutriments indispensables à notre organisme, mais également le pouvoir de calmer l'esprit ou plutôt de permettre d'éviter de penser. Quand on mange, on se s'ennuie pas, le temps n'a pas de prise, on ne pense plus : c'est le « bouton Off », une « pause » idéale.
C'est effet est lié à :
=> La texture : choix d'aliment pâteux en bouche (tartine salée ou sucrée, gâteaux, féculent, pizza)
=> Le remplissage : la plénitude gastrique (envie de continuer à manger sans faim)
Aussi, il est important d'observer les compensations alimentaires pour éviter toute prise de poids.
Conclusion
Les consultations dentaires offrent des conditions adéquates à la prise en charge d'un sevrage tabagique. Aussi, il est essentiel d'informer les patients de vos cabinets dentaires de ce risque pondéral, car il contribue bien souvent à la décision d'arrêt du tabac et à son succès. (Fiche pratique : Tabac et prise de poids)
(1) : Clark MM,Hurt RD, Croghan IT et al. The prevalence of weight concerns in a smoking abstinence clinical trial. Addict Behav 2005, sous presse.
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Interview du mois
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Laurence
Assitante dentaire, 17 ans d'expérience
Dans le cadre de votre métier, abordiez-vous le sujet du
sevrage tabagique ?
« Oui, dans le cadre du suivi des traitements chirurgicaux, j'indiquais aux
patients fumeurs qu'il était fortement conseillé d'arrêter afin de garantir une
cicatrisation optimale. »
Quels outils utilisiez-vous ?
« J'utilisais mon expérience personnelle en tant qu'ancienne fumeuse.
Cependant depuis 2005, je ne travaille plus en tant qu'assistante dentaire, il
est vrai qu'aujourd'hui c'est un sujet d'actualité (interdiction de fumer dans
les lieux publics ) et les campagnes menées dans les médias doivent permettre
d'aborder ce sujet avec des patients déjà sensibilisés. »
Si vous aviez eu des outils appropriés, les auriez-vous
utilisés ?
« Je pense surtout qu'il ne faut pas être dans l'assistanat, il est
nécessaire que les patients prennent en charge leur décision. On doit s'adapter
à chaque patient et à leur degré de motivation. »
Quand
vous abordiez le sujet du sevrage tabagique, certains des patients parlaient-il
de la prise de poids ?
« Les femmes abordaient régulièrement ce sujet, ma réponse était
qu'effectivement un fumeur pèse déjà environ 3 kg de moins que son poids
normal de non-fumeur, il est donc difficile de l'éviter. »
Laurence
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